Sommet CB 2026 : quand le paiement devient un enjeu de souveraineté, de résilience et d’inclusion
Un événement devenu incontournable
3 000 visiteurs attendus, 80 stands, 8 conférences, les Trophées de l’Innovation CB. Le Sommet CB 2026 a confirmé ce que les deux premières éditions avaient esquissé : ce rendez-vous est devenu un moment incontournable de l’écosystème du paiement carte en France. L’occasion d’échanger entre pairs, d’apprendre et de progresser ensemble, d’aligner nos visions sur l’avenir du paiement en France et en Europe.
L’édition 2026 avait une tonalité particulière. En ouverture, Emmanuel Macron a pris la parole dans une vidéo adressée aux participants. Son message était direct : le paiement est « le dernier kilomètre de la souveraineté économique ». Selon lui, « renoncer à maîtriser les paiements, ce serait accepter que le cœur de notre transaction dépende d’acteurs qui ne sont pas forcément alignés avec nous, qui n’ont pas forcément les mêmes intérêts. » Une prise de position forte, dans un contexte géopolitique qui rebat les cartes des dépendances technologiques et financières.
Trois thèmes dominaient les échanges cette année : souveraineté, résilience et innovation. Des sujets au cœur des préoccupations de tous les acteurs de la chaîne, des institutions aux commerçants.

Souveraineté et résilience : le paiement en première ligne
La conférence réunissant CB, la Banque de France, STET, Wero et la Fondation Concorde a posé une question centrale : comment garantir la continuité et l’indépendance des paiements dans un monde traversé par les crises géopolitiques et numériques ?
CB a d’abord dressé le tableau de sa dynamique. Le scheme français traite aujourd’hui 80 % des transactions carte en France et vise 90 %, avec un objectif de 100 millions de cartes co-badgées d’ici 2030, contre environ 75 millions aujourd’hui. Les paiements mobiles via Apple Pay et Google Pay ont doublé grâce à l’intégration de CB par l’ensemble des banques françaises, et 2026 marque l’accostage de Samsung Pay, puis bientôt de Wero Pay. Plus de 30 acteurs sont aujourd’hui en attente d’adhésion à CB. Le contexte géopolitique joue clairement en faveur d’un recentrage sur les solutions souveraines : payer CB, c’est un acte citoyen que le groupement assume désormais pleinement, avec ses campagnes « Paye in France » lancées auprès du grand public.
Du côté de la Banque de France, la robustesse de l’écosystème est présentée comme une priorité nationale. La numérisation de l’économie a fait baisser l’usage du cash, de 65 % des transactions en 2013 à 43 % en 2024, tout en ouvrant la porte à de nouveaux entrants. Face à cela, la Banque de France soutient activement les initiatives qui vont vers une fraude maîtrisée et une plus grande souveraineté des infrastructures, notamment CB et Wero. Bilan encourageant : la fraude a été divisée par quatre en cinq ans, essentiellement sur les paiements en ligne. Elle reste néanmoins à 40 % une fraude par manipulation humaine, en hausse. Prochaines étapes réglementaires : le partage d’IBAN douteux entre banques, effectif dès le 7 mai 2026, et les renforcements attendus avec la DSP3.
STET a rappelé la réalité des menaces cyber, désormais quasi quotidiennes sur les infrastructures de paiement. CB et STET se positionnent comme garants de la résilience des paiements face à ces attaques croissantes, d’autant plus critique que le « black-out » d’avril 2025 en Péninsule Ibérique a démontré ce que signifie une panne majeure des systèmes de paiement à l’échelle d’un pays entier.
Wero compte aujourd’hui 52 millions de porteurs en Allemagne, Belgique et France, avec 47 membres dont certains qui avaient initialement refusé de rejoindre l’initiative. L’objectif est de couvrir l’ensemble des cas d’usage jusqu’au paiement de factures, à l’échelle européenne. Comme l’a résumé Martina Weimert, CEO d’EPI : « Nous n’avons pas le temps d’attendre l’euro numérique de la BCE pour renforcer la souveraineté européenne. Wero a vocation et a la capacité de s’adresser à 100 % de la population européenne. »
L’euro numérique, justement, a occupé une place importante dans les débats. Son calendrier a été repoussé à 2029, le chemin est long et le consensus européen difficile à construire. Emmanuel Macron y voit « une opportunité historique de renforcer notre souveraineté monétaire, de compléter nos infrastructures dans une architecture cohérente, résiliente et pleinement européenne. » Un outil transactionnel, intégrable dans les wallets existants comme Wero ou CB, conçu pour préserver confidentialité et liberté des utilisateurs, à condition que tout l’écosystème joue le jeu.

Paiement agentique : le commerce de demain se construit aujourd’hui
Une autre conférence suivie ce jour-là portait sur une mutation profonde des parcours d’achat : l’émergence du paiement agentique. Demain, ce ne sont plus des humains qui effectueront certains achats, mais des agents IA agissant en leur nom. Ce changement de paradigme soulève des questions fondamentales pour toute la chaîne : comment la marque garde-t-elle le contact avec son client ? Comment intégrer le paiement dans ces nouveaux parcours ? Comment sécuriser des transactions initiées par une machine ?
Deux modèles d’IA émergent pour les commerçants. D’un côté, l’IA de marque, spécifique à une enseigne, maîtrisée mais limitée à son périmètre. De l’autre, les grands modèles de langage (LLM), plus universels, mais plus difficiles à contrôler sur les questions de sécurité, de responsabilité et de confiance. 15 % des consommateurs se disent déjà prêts à confier un mandat de paiement à un agent IA.
Les usages se dessinent par étapes. La première, la plus immédiate, consiste à laisser l’agent finaliser une transaction en ligne une fois les produits sélectionnés par l’humain. La deuxième étape va plus loin : l’agent agit seul, sans intervention humaine, comme pour gérer des achats récurrents : recharger automatiquement une carte de cantine quand le solde est bas, renouveler un abonnement de transport avant expiration ou faire la file d’attente et valider votre place de concert pour vous ! Enfin, la troisième étape identifiée, plus complexe, voit l’agent orchestrer des parcours multi-achats complets, tel une marketplace : organiser un voyage de A à Z en réservant vols, hôtels et voiture de location, ou préparer un événement en gérant prestataires, courses et logistique. À chaque étape, les mêmes questions se posent : qui choisit le moyen de paiement ? Qui porte la responsabilité de l’achat ? Comment gérer les retours et remboursements ?
La sécurité reste le défi central : authentification forte, KYC adapté, et l’émergence d’un nouveau concept, le KYA « Know Your Agent », pour certifier les agents IA autorisés à effectuer des paiements. Sur ce sujet comme sur d’autres, la conclusion était partagée : l’Europe a tout à gagner à construire des standards communs, à fédérer ses acteurs autour de projets collectifs, pour garder la main sur ses innovations et peser dans la définition des règles du jeu mondiales.

Innovations remarquées : CB réinvente l’expérience de paiement
En marge des conférences, CB présentait plusieurs démonstrations illustrant les chantiers en cours, notamment sur l’accessibilité et la sécurité des terminaux de paiement commerçant.
La carte biométrique, développée avec Thales, permet de valider un paiement sans contact quel que soit le montant, en posant simplement le doigt sur un capteur intégré à la carte. Plus besoin de saisir de code, quel que soit le montant. La carte vocale, elle, s’associe au téléphone pour indiquer le montant et confirmer le code. Pour les personnes malvoyantes, c’est un élément de réassurance important : sans cela, elles doivent faire confiance au commerçant pour le montant affiché. Le cryptogramme dynamique renforce la sécurité des paiements en ligne en modifiant automatiquement le code au dos de la carte, avec la possibilité de forcer sa mise à jour via une application.
Côté nouveaux usages : des solutions pour les magasins autonomes avec pré-autorisation à l’entrée et paiement incrémental à la sortie, et Click to Pay, le wallet frictionless co-porté avec Visa, Mastercard et Amex et autres schemes de paiements internationaux.
Ce que cela dit de notre rôle
Ce que le Sommet CB 2026 confirme, c’est que les enjeux qui structurent notre secteur ne sont plus seulement techniques. Ils sont stratégiques. Souveraineté des infrastructures, résilience des paiements face aux crises, inclusion, maîtrise de la fraude, adaptation aux nouveaux parcours d’achat : ces sujets définissent ce qu’est aujourd’hui un acteur responsable du paiement.
Chez Nepting, ils résonnent directement avec la façon dont nous avons construit notre plateforme de paiement omnicanal. Nos données sont hébergées en France. Notre architecture a été pensée dès ses fondations pour être résiliente, avec des mécanismes de continuité de service qui répondent aux exigences de DORA et aux standards de certification CB. Notre collaboration avec CB va au-delà de la certification : elle s’inscrit dans une démarche commune pour répondre aux plus hautes exigences de sécurité du marché français. Une démarche dont nous avions déjà parlé l’an dernier lors du Sommet CB 2025, dans une table ronde dédiée à la résilience des paiements. Voir le replay de la table ronde ici .
Et notre modèle ouvert, liberté d’acquéreur, de terminal, de scheme, sans lock-in, est précisément ce que le marché réclame dans un contexte où la dépendance à un acteur unique est devenue un risque que personne ne peut plus ignorer.
Rendez-vous en 2027 pour la prochaine édition. D’ici là, nos équipes sont disponibles pour échanger sur vos enjeux de paiement. Contactez-nous!

En résumé :
Le Sommet CB est l’événement annuel organisé par le Groupement des Cartes Bancaires CB, qui réunit les professionnels de l’écosystème du paiement français. En 2026, sa troisième édition s’est tenue au Carrousel du Louvre à Paris, avec plus de 3 000 visiteurs, 80 stands exposants et 8 conférences thématiques.
Quatre sujets dominaient les échanges : la souveraineté des paiements européens face aux géants internationaux, la résilience des infrastructures face aux crises cyber et géopolitiques, l’émergence du paiement agentique, et les enjeux d’accessibilité et d’inclusion.
Le paiement agentique désigne l’intégration de l’ensemble du parcours d’achat à l’intérieur d’un agent IA, qui agit de manière autonome pour le compte d’un utilisateur : recherche, comparaison, sélection et finalisation de la transaction. Il fait face à des défis majeurs : gestion de la fraude, authentification, définition du mandat utilisateur et maturité réglementaire.
Nepting est une plateforme de paiement omnicanal française, certifiée CB, dont la solution d’acceptation paiement est conçue pour offrir aux commerçants une liberté totale de choix : acquéreur, terminal, scheme de paiement, sans dépendance à un acteur unique. Son architecture répond aux exigences de résilience de DORA et aux standards de sécurité CB.
La résilience des paiements désigne la capacité d’un système de paiement à maintenir sa continuité de service en cas de crise, qu’il s’agisse d’une panne technique, d’une attaque cyber ou d’un événement géopolitique majeur.